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Gambie : un état de référence des mangroves pour guider leur restauration

24 juin 2026

Gambie : un état de référence des mangroves pour guider leur restauration

Dans le cadre du Resilience Gambia Project (RGP), une mission de terrain a établi l’état de référence des mangroves sur cinq sites pilotes en Gambie. Conduite avant la finalisation du dispositif de suivi-évaluation, elle a combiné relevés écologiques, enquêtes socio-économiques et analyse de la gouvernance. Premier constat : des mangroves globalement en bon état, mais fragilisées par des dépérissements localisés et des perturbations hydrologiques.

Mangroves de Gambie : un état de référence écologique et socio-économique pour le Resilience Gambia Project

Restaurer les mangroves et renforcer la résilience des communautés côtières

Le Resilience Gambia Project (RGP) vise à soutenir la restauration à grande échelle des écosystèmes de mangrove, tout en renforçant la résilience climatique et le développement durable des communautés côtières de Gambie. Piloté par le ministère de l’Environnement, du Changement climatique et des Ressources naturelles (MECCNAR), il associe restauration écologique, amélioration de la gouvernance des aires protégées de mangrove et développement de moyens de subsistance alternatifs, en particulier pour les femmes et les jeunes.

La mission portait sur l’élaboration d’une étude de référence (baseline) et d’un cadre de suivi-évaluation (Monitoring and Evaluation Framework, MEF). L’objectif : fixer des valeurs de référence pour des indicateurs écologiques, socio-économiques et de gouvernance, afin de mesurer dans le temps les progrès et les impacts du projet.

La mission de terrain constitue une étape initiale clé, menée avant la conception finale du MEF. Les moyens et l’expertise mobilisés dépassent ceux d’un suivi de routine : l’état de référence obtenu se rapproche, par son ampleur, d’un exercice d’évaluation à mi-parcours ou finale.

Une mission combinant écologie, socio-économie et gouvernance

L’approche, mixte, a été pensée pour rester rigoureuse et applicable sur le terrain. La priorité a été donnée à des méthodes simples, robustes et reproductibles, afin que le suivi puisse ensuite être assuré par les équipes du projet et les acteurs locaux. Un atelier de lancement s’est tenu à Banjul avec le MECCNAR et les partenaires du projet ; un atelier de clôture a présenté les premiers résultats.

La collecte a reposé sur deux volets :

  • Volet écologique : relevés sur une centaine de points d’échantillonnage, principalement en mangrove, selon des protocoles standardisés (composition spécifique, structure forestière, salinité, intégrité de l’habitat, niveaux de perturbation, signes de dépérissement ou de restauration) ;
  • Volet socio-économique et gouvernance : 21 discussions de groupe et 21 entretiens individuels semi-directifs, avec les communautés, les gestionnaires de parcs et les institutions publiques, en veillant à la représentation des femmes et des jeunes.

Les données ont été collectées via KoboToolbox, vérifiées pour leur cohérence, et seront livrées avec le rapport final : données brutes, formulaires Kobo et couches SIG.

Des mangroves globalement en bon état, mais des dépérissements localisés

L’évaluation écologique montre des mangroves globalement en bon état sur les cinq sites, avec un couvert, une densité d’arbres et une intégrité de l’habitat élevés. La distribution des espèces suit les gradients de salinité et les conditions hydrologiques, avec une structuration spatiale nette entre franges fluviales et zones de mangrove interne. Les Rhizophora dominent les zones les plus dynamiques et exposées à l’eau, tandis qu’Avicennia germinans est plus présent vers l’intérieur.

Des dépérissements (dieback) localisés ont toutefois été observés sur tous les sites, particulièrement sévères et étendus sur Elephant Island. Le phénomène, qui touche de vastes surfaces et plusieurs espèces, semble en cours et appelle des investigations pour en identifier les causes : modifications hydrologiques, facteurs climatiques ou autres stress environnementaux.

Les perturbations hydrologiques liées aux infrastructures routières constituent une menace majeure dans certaines zones, notamment à Bintang Bolong — une situation comparable à celle observée par le passé à Bao Bolong.

Des mangroves au cœur des moyens de subsistance locaux

Pour les communautés, les mangroves sont essentielles : alimentation, revenus, matériaux de construction et services écosystémiques de régulation. Les habitants identifient comme principales menaces les variations de salinité, la baisse des précipitations et les coupes illégales.

Des structures de gestion communautaire existent, mais font face à des contraintes persistantes : capacités de gouvernance, ressources limitées et faiblesse des alternatives aux activités dépendantes de la mangrove.

Intégrer l’hydrologie et la gouvernance locale dans la suite du projet

La mission confirme à la fois la forte valeur écologique des mangroves gambiennes et leur rôle central dans les systèmes socio-économiques locaux. Elle dégage trois priorités pour la suite :

  • Intégrer les enjeux hydrologiques à la planification de la restauration ;
  • Renforcer les mécanismes de gouvernance communautaire ;
  • Concevoir un cadre de suivi-évaluation capable de saisir aussi bien les dynamiques écologiques que les réalités socio-économiques.

 


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