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Freiner la déforestation sur les fronts pionniers amazoniens

10 November 2025

Freiner la déforestation sur les fronts pionniers amazoniens

Dans le cadre de l’Évaluation au champ large (ECL) des interventions du Groupe AFD et du FFEM dans le biome amazonien, SalvaTerra et TERO ont rédigé pour l’Agence française de développement un nouveau numéro de la collection Questions de développement (QDD n°97 – octobre 2025), intitulé « Quels leviers pour freiner la déforestation sur les fronts pionniers en Amazonie ? ».

Une publication de l’AFD signée SalvaTerra et TERO met en lumière les leviers d’action pour une transition territoriale durable

Ce document de vulgarisation propose une synthèse des connaissances récentes sur les moteurs et les dynamiques de la déforestation en Amazonie, tout en articulant ces éléments avec les premiers enseignements issus de l’évaluation au champ large conduite par le consortium. L’objectif : mieux comprendre les ressorts socio-économiques de la déforestation pour identifier des leviers réalistes de stabilisation des fronts pionniers, au croisement des enjeux environnementaux, fonciers et sociaux.

Comprendre les fronts pionniers : entre infrastructures, spéculation et gouvernance fragile

Le QDD souligne que la déforestation amazonienne n’est pas un processus diffus, mais une avancée territoriale structurée par l’accès aux infrastructures. Plus de 90 % des dégradations observées entre 2015 et 2020 se concentrent à proximité de routes ou de pistes récentes, véritables portes d’entrée vers de nouvelles terres agricoles ou minières.

Ces dynamiques répondent à des logiques économiques puissantes : extension de l’élevage bovin au Brésil et en Colombie, diffusion de cultures industrielles (soja, cacao, huile de palme), essor de l’orpaillage artisanal et croissance des plantations de coca dans les zones andines.

Elles sont également nourries par la spéculation foncière, le faible contrôle des territoires et une gouvernance encore fragmentée entre niveaux d’administration, communautés locales et acteurs économiques.

Les populations rurales et autochtones, souvent en première ligne, subissent directement les conséquences de ces transformations : perte d’accès aux ressources, pression sur les territoires communautaires, insécurité et conflits d’usage..

Quatre leviers pour inverser la tendance

En croisant les travaux scientifiques, les évaluations existantes et les retours de terrain, le document identifie quatre axes d’action structurants pour une transition territoriale durable :

  1. Planifier, contrôler et sécuriser les usages du sol : L’articulation entre planification territoriale, zonages écologiques et économiques, cadastre rural et conditionnalités environnementales des crédits permet de mieux réguler l’accès aux terres et d’encourager des pratiques durables.
  2. Transformer les systèmes de production : L’expérience de territoires comme le Guaviare (Colombie) ou Tomé-Açu (Brésil) montre que les systèmes agroforestiers et sylvopastoraux peuvent réduire la pression sur les forêts, à condition d’un accompagnement soutenu (sécurisation foncière, assistance technique, débouchés commerciaux).
  3. Valoriser la forêt sans la détruire : Le développement de la bioéconomie – produits forestiers non ligneux, écotourisme, chaînes de valeur locales – et la généralisation de mécanismes de rémunération des services écosystémiques (Socio Bosque, Bolsa Floresta, Conservar Paga) offrent des alternatives crédibles à la déforestation, si leur financement est pérenne et équitable.
  4. Inclure et sécuriser les acteurs locaux : La reconnaissance des droits, la participation aux décisions et le renforcement des capacités locales sont des conditions essentielles à la durabilité des politiques forestières et à la prévention des conflits socio-environnementaux.

L’un des messages clés du QDD est qu’aucune mesure isolée ne suffit : c’est la combinaison de ces leviers à l’échelle territoriale, dans un cadre de gouvernance cohérent et inclusif, qui permet de freiner durablement la déforestation.

Une contribution à la réflexion internationale et à la COP30

Publié à l’automne 2025, ce Questions de développement s’inscrit dans une dynamique de diffusion et de dialogue autour des enjeux amazoniens, alors que la communauté internationale se prépare à la COP30 de Belém (Brésil). Le document contribuera à alimenter les échanges techniques et politiques sur la place de la coopération française dans la lutte contre la déforestation et la promotion de la bioéconomie en Amazonie.

L’AFD prévoit plusieurs actions de valorisation autour du QDD et de l’Évaluation au champ large, notamment des présentations et discussions thématiques pendant la COP et une diffusion élargie sur les réseaux et supports de communication du Groupe.

Un regard intégré sur 17 ans d’action française en Amazonie

Ce travail de synthèse s’inscrit dans un processus plus large d’analyse et de capitalisation conduit par SalvaTerra et TERO pour l’AFD et le FFEM.

L’Évaluation au champ large porte sur 19 projets mis en œuvre depuis le milieu des années 1990 dans neuf pays amazoniens, à travers une diversité d’instruments financiers : subventions, lignes de crédit, prêts, et fonds européens délégués.


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