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SalvaTerra aux Assises Nationales de la filière Ylang-ylang aux Comores

2 October 2024

SalvaTerra aux Assises Nationales de la filière Ylang-ylang aux Comores

La semaine dernière, SalvaTerra, intervenant pour le compte d'Expertise France dans le cadre du projet AFIDEV, a participé aux Assises Nationales de la filière Ylang-ylang, un secteur clé pour l'économie des Comores. Cet événement, tenu à Mutsamudu, sur l'île d'Anjouan, a réuni de nombreux acteurs de la filière Ylang-ylang, dont le ministre de l'Agriculture, le Dr Daniel Ali Bandar.

SalvaTerra en soutien à la filière Ylang-ylang comorienne

Contexte des Assises Nationales de la filière Ylang-ylang

La filière Ylang-ylang est au cœur des exportations des Comores, mais elle fait face à des défis croissants. Depuis quelques années, la filière subit une baisse des volumes et des prix d’exportation, exacerbée par la concurrence de Madagascar et les effets de la crise post-COVID. Les huiles essentielles comoriennes, autrefois leaders incontestées sur le marché international, voient leur position fragilisée. C’est dans ce contexte que le Ministre de l’Agriculture a ouvert les Assises, appelant à une réflexion collective pour redynamiser la filière.

 L’intervention de SalvaTerra : concurrence et analyse des marchés

Dans le cadre de ces assises, SalvaTerra a présenté une analyse détaillée du marché international des huiles essentielles d’ylang-ylang. L’étude, réalisée pour le compte d’Expertise France dans le cadre du projet AFIDEV, a mis en lumière plusieurs défis et opportunités pour la filière comorienne.

  1. La concurrence de Madagascar :
    • Madagascar a rattrapé les Comores en termes de production et d’exportation d’huiles essentielles, grâce à des infrastructures plus développées, un modèle de production à moindre coûts et un meilleur accès aux certifications internationales. Cela permet à Madagascar de se positionner fortement sur le marché, tout en offrant des prix compétitifs, particulièrement attractifs pour les segments non experts comme la cosmétique et les fragrances grand public.
  2. Exigences environnementales et sociales :
    • Le marché international est concentré sur l’Europe et les États-Unis qui concentrent les technologies et le savoir-faire pour la transformation des huiles essentielles brutes. Ce marché évolue rapidement et exige de plus en plus de garanties environnementales et sociales. Avec l’entrée en vigueur de nouvelles directives telles que la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) et la Corporate Sustainability Due Diligence Directive (CSDD), les entreprises doivent désormais assurer une traçabilité complète de leur chaîne d’approvisionnement et se conformer à des normes strictes en matière de durabilité.
  3. Les opportunités pour les Comores :
    • Malgré la montée en puissance de Madagascar, les huiles essentielles des Comores, et notamment les hautes fractions (extra et extra supérieure), restent la référence olfactive pour les grandes maisons de parfumerie de luxe. Les Comores peuvent capitaliser sur cette reconnaissance en renforçant les certifications et en améliorant la traçabilité de leurs produits.

Les recommandations pour relancer la filière Ylang-ylang

Lors de son intervention, SalvaTerra, au nom d’Expertise France, a proposé plusieurs recommandations pour redynamiser la filière Ylang-ylang comorienne :

  • Renforcement des infrastructures : Il est essentiel d’améliorer les infrastructures d’exportation et de qualité pour faciliter l’accès des producteurs aux marchés internationaux. Des investissements dans les infrastructures logistiques et de contrôle sont cruciaux pour garantir la qualité des produits exportés.
  • Partenariats public-privé : La coopération entre le secteur public et privé doit être encouragée pour soutenir les producteurs locaux, formaliser les activités et attirer des investissements dans la filière. Les institutions publiques, comme l’ANPI, jouent un rôle clé dans l’amélioration du climat des affaires et dans la facilitation de l’accès au financement pour les petits producteurs, tandis que des ONG peuvent soutenir l’adoption de technologies à faible impact environnemental.
  • Structuration interne et certification : même en l’absence de réglementation spécifique, l’interprofession de la filière ylang-ylang peut prendre des accords de branche pour définir les conditions de travail et de rémunération des différents acteurs. Cela permet aussi de réduire le risque pays pour les acheteurs, et facilitera l’accès à la certification.
  • Valorisation de la qualité des huiles comoriennes : Les Comores doivent continuer à se positionner sur le segment haut de gamme des huiles essentielles, en particulier sur le marché de la parfumerie fine, tout en garantissant des pratiques de production durables et respectueuses de l’environnement.

Conclusion : une avancée prometteuse pour la filière Ylang-ylang des Comores

Bien que les Comores fassent face à une concurrence accrue, en particulier de la part de Madagascar, elles conservent un avantage compétitif grâce à la qualité exceptionnelle de leurs huiles essentielles. Les Assises Nationales de la filière Ylang-ylang ont marqué un tournant pour la filière comorienne, en posant les bases d’une stratégie de relance visant à regagner des parts de marché, notamment dans le secteur de la parfumerie de luxe. La présence du Ministre de l’Agriculture tout au long de cet événement montrent une forte volonté politique d’aller de l’avant !

SalvaTerra, dans le cadre du projet AFIDEV et au nom d’Expertise France, est fière de contribuer à cette démarche en faveur d’un développement durable et compétitif de la filière Ylang-ylang aux Comores.


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